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N° ISSN : 0752-5656
Revue Archéologique de Picardie - Numéro 1/2 - 2026
Brochure 21 x 29,7, couverture couché satin 350 g, quadri recto pellicullée
Dos carré collé.
• Hommage à Jérôme Guéquière par Pierre-Yves Groch & Tahar Ben Redjeb.
• Un quartier artisanal gallo-romain à Montmacq (Oise) ? Première approche archéologique du centre-bourg par Cécile Brouillard, Alice Hanotte, David Delaporte & Benjamin Jagou.
• Pontru et Pontruet (Aisne) : deux fenêtres d’observation sur un locus d’habitat gallo-romain rural et sur la voie Saint-Quentin/Arras par Pierre-Yves Groch.
• Montescourt-Lizerolles (Aisne). Un atelier de potiers de la Civitas Viromanduorum (milieu Ier - début IVe s). Méthodologie adaptée et premiers résultats par Victor Viquesnel-Schlosser, Julie Flahaut, Denis Maréchal, Yves Galet, Nicolas Warmé & Sonja Willems avec la participation de Béatrice Béthune, Benoît Favennec, Sébastien Hébert,
Stéphane Lancelot & Fabien Pilon.
• Pont-Sainte-Maxence (Oise) : deux dépôts fauniques contrastés pour interroger l’alimentation carnée entre la fin du Moyen Âge (fin XVe-début XVIe sècle) et les Temps Modernes (XVIIe-début XVIIe siècle) par Benoît Clavel, Léa Auvin & Denis Maréchal.
• Récit archéologique d’une dépouille équine ordinaire (Grandfresnoy, Oise, fin XIXe-début XXe s.) par Benoît Clavel.
Un quartier artisanal gallo-romain à Montmacq (Oise) ? Première approche archéologique du centre-bourg
Le cœur du village de Montmacq (60) est réputé archéologiquement sensible depuis le XIXe siècle. On y soupçonne notamment l’existence d’une officine de potier gallo-romaine, bien qu’aucun four n’ait jamais été identifié et qu’aucune collection n’ait jamais été étudiée.
Un diagnostic archéologique mené en 2022 rue de la Forêt et rue Jean-Kostrzewski a mis en évidence une portion de quartier artisanal. Celui-ci s’intègre dans une forme d’habitat que l’on peut qualifier de vicus ou d’agglomération.
Les activités attestées tout au long du Haut-Empire sont la production de céramique mais aussi la fabrication de tuiles et le travail du métal, deux artisanats peu documentés au niveau régional.
Cette contribution propose un état des découvertes sur l’antique Montmacq -opportunément située à proximité immédiate de l’Oise et d’une voie terrestre- en matière d’artisanat et d’échanges commerciaux.
• Pontru et Pontruet (Aisne) : deux fenêtres d’observation sur un locus d’habitat gallo-romain rural et sur la voie Saint-Quentin/Arras
L’aménagement d’un parc éolien sur les communes de Pontru, Pontruet et Villeret dans l’Aisne a conduit à la réalisation d’une opération de fouille en 2011, visant deux plateformes. La première renfermait les vestiges d’une portion rurale de voie romaine appartenant au réseau d’Agrippa, tandis que la seconde a livré un lot de structures excavées constitutives d’un petit locus d’occupation des IIe-IIIe siècles de notre ère. Cette publication propose une relecture des résultats obtenus à l’époque, à la lumière de travaux de référence sortis depuis.
• Montescourt-Lizerolles (Aisne). Un atelier de potiers de la Civitas Viromanduorum (milieu Ier - début IVe s). Méthodologie adaptée et premiers résultats
Entre 2018 et 2020, l’Inrap est intervenu dans la commune de Montescourt-Lizerolles (Aisne, Picardie). Les opérations archéologiques sur 1,33 ha ont permis de révéler pour la première fois une zone d’habitat antique et surtout une aire d’activité potière dotée d’une zone d’extraction d’argile sableuse, de dix-neuf fours de potiers, d’une tessonnière, de fosses à tour et de fosses de rejet. Ces découvertes renouvellent les données sur l’artisanat potier dans le Vermandois, depuis le milieu du Ier siècle jusqu’au début de l’Antiquité tardive (vers 40/50 à 320 ap. J.-C.), grâce à l’appui d’une étude exhaustive et multidisciplinaire des matériaux mis en évidence. En premier lieu, cet article se focalise sur la méthode de fouille et d’étude de la céramique. Il propose ensuite une présentation synthétique des premiers résultats, à mi-parcours de la phase de post-fouille, et une première approche typochronologique de la production céramique, de sa standardisation et de son évolution.
• Pont-Sainte-Maxence (Oise) : deux dépôts fauniques contrastés pour interroger l’alimentation carnée entre la fin du Moyen Âge (fin XVe-début XVIe sècle) et les Temps Modernes (XVIIe-début XVIIe siècle)
À Pont-Sainte-Maxence (Oise), deux ensembles urbains distants d’environ deux siècles - une cave rue du Moustier (fin XVe-début XVIe) et des niveaux de jardin rue Bodson (XVIIe-début XVIIIe) - dessinent, en filigrane, le glissement des préférences carnées. La cave livre un trio équilibré bœuf-porc-caprinés ; les niveaux de jardin privilégient le bœuf, avec un appoint de veau, tandis que le porc recule et les caprinés passent au second plan. La dinde signale les échanges atlantiques ; les équidés, majoritairement mâles, renvoient à la réforme d’animaux de service en ville. Les écarts relèvent autant des pratiques que des conditions de rejet et de conservation. Au total, la période voit s’affirmer un basculement en faveur du bœuf/veau.
• Récit archéologique d’une dépouille équine ordinaire (Grandfresnoy, Oise, fin XIXe-début XXe s.)
Le projet de déviation de la RD 155, dans l’Oise, a été pensé pour les convois betteraviers desservant la sucrerie de Chevrières-Grandfresnoy, fondée en 1876. C’est dans le cadre des opérations d’archéologie préventive liées à ce tracé (diagnostic 2002, fouille 2003) qu’une fosse a livré la dépouille d’un cheval, datée de la fin du XIXe-début XXe siècle. Le télescopage des temps est net : un aménagement routier du XXIe siècle, conçu pour une usine née au XIXe, révèle un dépôt de cette séquence contemporaine. À l’ombre d’un paysage industriel où les matières animales peuvent être récupérées et valorisées (os, graisses, peaux), l’ensevelissement local rappelle l’autre versant, ordinaire, des pratiques. L’ensemble, suffisamment complet et bien enregistré, autorise une lecture archéozoologique fine ; l’article en propose une interprétation prudente à partir de l’agencement des segments, des connexions conservées et des indices taphonomiques. Replacé dans le moment hygiéniste, entre nuisance, réglementation et filières plus ou moins organisées, le cas rappelle que l’ensevelissement de proximité demeure une issue ordinaire.