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N° ISSN : 0752-5656
Revue Archéologique de Picardie - Numéro 3/4 - 2026
Brochure 21 x 29,7, couverture couché satin 350 g, quadri recto pellicullée
Dos carré collé.
• Une fosse de l’Âge du bronze final à Guise (Aisne).Un exemple d’assemblage céramique du faciès du groupe des Ardennes par Dimitri Boutteau & Kevin Boitelet.
• L’os dans la construction médiévale : un technique méconnue révélée par la cathédrale Notre-Dame de Senlis par Mathieu Lejeune, Margot Guernalec, Benoît Clavel, Sophie Cersoy, Séverine Zirah, Antoine Zazzo & Sabine Berger.
• Les occupations militaires antiques de la partie nord-ouest de l’oppidum de Vermand (Aisne) par Christophe Hosdez & Richard Rougier.
• Produire de la colle d’os en milieu rural. L’atelier gallo-romain de Béthencourt-sur-Somme (Somme) par Virginie Bak, Jean-Hervé Yvinec avec la collaboration de Stéphane Dubois, Claire Cohen, Alexia Morel, Paul Picavet & Frédéric Broes.
• Du Bas-Empire au haut Moyen Âge, compléments d’occupation sur la commune de Béthencourt-sur-Somme (Somme) par Louis Florin, Sylvie Coutard, Isabelle Le Goff, Victor Viquesnel-Schlosser avec la participation de Maxence Toubin, Erick Mariette, Stéphane Lancelot & Dominique Canny.
• Une fosse de l’Âge du bronze final à Guise (Aisne).Un exemple d’assemblage céramique du faciès du groupe des Ardennes
Un diagnostic archéologique réalisé en 2024 à Guise (Aisne), rue Jean Monnet, a permis la mise au jour d’une fosse isolée attribuable, à partir du mobilier céramique et des datations radiocarbone, à l’âge du Bronze final. Elle a livré un assemblage céramique composé de 11 individus, caractérisé par des formes basses de vaisselle de service (assiettes, coupes, bols, tasses) et quelques formes hautes (pots), ainsi que par la présence d’un gobelet se rapprochant de la forme dite en « bulbe d’oignon », dont l’ensemble s’inscrit dans le faciès du Groupe des Ardennes. La découverte inclut également des fragments de pesons, témoignant d’activités domestiques, notamment textiles. Comparable à d’autres structures régionales, cette fosse s’intègre dans un corpus de fosses isolées régulièrement mentionnées dans la littérature, mais encore rarement abordées de manière synthétique. Ces structures font aujourd’hui l’objet d’un intérêt croissant, notamment dans le cadre de programmes collectifs de recherche consacrés aux structures en creux, tels que le PCR HABATA. Elle contribue ainsi à documenter les modalités de dépôt et les dynamiques d’occupation du territoire au Bronze final dans le nord de la France.
• L’os dans la construction médiévale : un technique méconnue révélée par la cathédrale Notre-Dame de Senlis
Cette contribution examine l’emploi de goujons en os dans les assemblages lapidaires de la cathédrale Notre-Dame de Senlis. Le procédé consiste à insérer une pièce osseuse dans une cavité ménagée entre deux blocs, selon une logique proche du tenon et de la mortaise. Les témoins repérés concernent plusieurs éléments de l’édifice, notamment la flèche, des pinacles, des rampants d’arcs-boutants et un fût de colonnette.
L’étude repose sur une approche interdisciplinaire associant histoire de l’art, archéologie du bâti, archéozoologie, protéomique et datation radiocarbone. L’examen morphologique indique une forte sélection de métapodes de caprinés, dont la forme allongée et compacte se prête à un usage comme cheville.
Les analyses protéomiques confirment la prédominance du mouton (Ovis aries), avec un seul échantillon attribué au bœuf domestique (Bos taurus). Les datations radiocarbone placent les os analysés entre la seconde moitié du XVIIe siècle et la première moitié du XXe siècle.
Ce décalage avec la chronologie stylistique des blocs conduit à rattacher les goujons étudiés à des opérations de restauration plutôt qu’à la mise en œuvre initiale des éléments lapidaires.
Les sources d’archives confirment par ailleurs l’emploi de cette technique à Senlis dans les années 1830-1835. L’étude invite ainsi à distinguer l’âge du bloc, l’âge de la matière osseuse et le moment de son insertion dans la pierre.
Elle montre que l’os, matériau discret dans les sources écrites, a pu répondre à des contraintes techniques précises dans la fixation des microarchitectures monumentales.
Elle ouvre enfin la voie à une relecture plus large des usages de matières animales dans les chantiers de construction et de restauration.
• Les occupations militaires antiques de la partie nord-ouest de l’oppidum de Vermand (Aisne)
Entre 2012 et 2015, une fouille et deux diagnostics archéologiques ont été réalisés à l’intérieur de l’oppidum de Vermand, à proximité de son entrée nord-ouest.
La fouille de la place Blanchard a révélé une occupation dense du début du Haut-Empire, articulée autour d’un vaste fossé défensif de 10 m de large sur 5 m de profondeur. Comblé vers - 30, il est parallèle à la voie orientée nord-ouest/sud-est qui traverse l’oppidum. Un cellier, un fossé, des niveaux stratifiés et une fosse contenant plus de 1700 fragments de plaques à alvéoles témoignent d’une phase datée des années -20/-10, avant qu’un aménagement en caniveau coffré avec poteaux latéraux ne s’implante sur le sommet du comblement du fossé. Cette première phase s’achève au début du Ier siècle de notre ère. Le site est réoccupé à partir de la fin du IIIe siècle. Un nouveau fossé, aux dimensions plus réduites, est creusé dans le comblement du premier fossé, puis bouché au cours du siècle suivant. Un fond de cabane, un puits et de nombreuses fosses montrent une continuité de l’occupation jusqu’au milieu du Ve siècle. Le chantier a livré presque 600 monnaies.
Outre un fossé probablement protohistorique, le diagnostic du 12, Grande Rue a confirmé la présence d’aménagements du Bas-Empire, notamment les traces d’un glacis défensif artificiel qui défendait l’escarpement nord-ouest de la place forte. Il est formé par un niveau de blocs de craie, apporté et compacté sur le limon, en vue de rectifier la déclivité naturelle. La principale découverte est un enclos quadrangulaire, délimité par des fossés larges de plus de 4 m et profonds de pratiquement 3 m, dont la surface interne atteint 53 m sur 40 m au minimum. Le fossé sud-ouest est pourvu d’une interruption de plus de 6 m, ouvrant ainsi un accès vers l’enclos. à l’intérieur, le long des fossés, une bande de terrain large de plus de 7 m, vierge de structure archéologique, a dû recevoir les déblais provenant du creusement des fossés, formant ainsi une levée de terre. La fouille a livré une portion de voie et des niveaux de cour ou de bas-côté de voie ainsi que deux fours de potier. L’hypothèse émise est que nous serions en présence d’une forteresse en terre et en bois du Bas-Empire munie d’un accès au sud-est. La fortification se trouve pratiquement au point le plus haut de l’oppidum, elle permettait de garder les voies antiques qui passent à proximité ainsi que son entrée nord-ouest.
Le diagnostic de la Place de l’Hôtel de Ville a mis au jour plusieurs structures du Bas-Empire et ce qui est interprété comme le rebord de l’escarpement nord-est de l’oppidum.
• Produire de la colle d’os en milieu rural. L’atelier gallo-romain de Béthencourt-sur-Somme (Somme)
La fouille préventive menée en 2011 à Béthencourt-sur-Somme (Somme), en amont des travaux du Canal Seine-Nord Europe, a mis au jour les marges d’un établissement rural gallo-romain occupé de la période flavienne à la fin du IIIe siècle. Plusieurs tonnes d’ossements de bovidés concassés, bordant une voie empierrée, y sont reconnues comme les déchets d’un atelier de colle d’os : sélection stricte de l’os compact de bœuf, élimination des épiphyses, fragmentation à la boucharde et à l’enclume. Le croisement de l’archéozoologie, de l’outillage lithique et des teneurs en collagène écarte l’hypothèse d’une extraction des graisses et restitue une chaîne opératoire complète. Bien attesté en ville, cet artisanat demeurait invisible en milieu rural. Le statut du site reste en revanche ouvert : intégré à un réseau dense de villae, il ne peut être rattaché à aucun domaine précis, et un lot d’armement associé à un dépôt monétaire vient encore nourrir la question.
• Du Bas-Empire au haut Moyen Âge, compléments d’occupation sur la commune de Béthencourt-sur-Somme (Somme)
En 2025, la réalisation d’un diagnostic dans le cadre de la seconde phase du projet Canal Seine Nord Europe a permis de mettre en exergue des vestiges associés à la dernière phase d’occupation d’un atelier de colle antique (seconde moitié du IIIe siècle - début du IVe siècle) découvert en 2011 sur la commune de Béthencourt-sur-Somme au lieu-dit "Rideux du Bois de Béthencourt" (Somme). Les tranchées mettent en évidence la continuité du chemin romain ainsi qu’une inhumation isolée. L’axe de communication semble pérenne puisqu’un site médiéval s’y implante vers le VIIe siècle. La présentation de ces données, issue d’une opération de diagnostic est de fait, lacunaire. Elle fait suite à une modification du projet de l’aménageur, n’ayant pas permis la réalisation d’une fouille archéologique.