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Numéro spécial 37 - 2022

2022370

ISSN 1272-6117R

Revue archéologique de Picardie. Numéro spécial 37 - 2022.

Evolution d’un secteur de Beauvais, place du Jeu de Paume, du Néolithique à nos jours

Sous la direction de Jean-Marc Fémolant

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Ouvrage A4 de 472 pages, livre cartonné, dos rond, cousu

Sommaire :

Mot du Maire par Caroline Cayeux.

Avant-Propos par Jean-Luc Collart.

Introduction par Jean-Marc Fémolant.

Contexte historique et archéologique de la ville par Sébastien Lefèvre, Jasmine Boudeau & Laetitia Bouniol 

Beauvais avant Beauvais (phase I) par Jasmine Boudeau & Jean-Marc Fémolant.

Aux origines de la ville, le drainage (phase II) par Jasmine Boudeau.

Les débuts de l’urbanisation (phase III) par Jasmine Boudeau.

La monumentalisation du quartier (phase IV) par Jasmine Boudeau.

L’achèvement du programme de monumentalisation (phase V) par Jasmine Boudeau.

Une occupation continue (phase VI) par Jasmine Boudeau.

La désertion progressive du quartier (phase VII) par Jasmine Boudeau.

La céramique antique par Lauriane Miellé.

Le petit mobilier de la période antique par Aurélie Dufresnes.

Les éléments architecturaux d’époque romaine par Anna Guillou.

Les débuts de l’occupation médiévale (phase VIII) par Laetitia Bouniol.

Le système défensif (XIIIe-XVIe siècles, phase IX) par Laetitia Bouniol.

La céramique médiévale Lauriane Miellé.

Le petit mobilier médiéval par Aurélie Dufresnes.

Renouveau du système défensif (XVIe-XVIIe siècles, phase X) par Laetitia Bouniol.

Loin des tumultes de la guerre (XVIIIe siècle, phase XI) par Laetitia Bouniol.

L’abandon programmé du système défensif (phase XII) par Laetitia Bouniol.

La céramique du XVIe au début du XIXe siècle par Lauriane Miellé.

Le petit mobilier du XVIe au début du XIXe siècle par Aurélie Dufresnes.

La Seconde Guerre mondiale par Jean-Marc Fémolant.

La céramique de la Seconde Guerre mondiale par Lauriane Miellé.

Conclusion générale par Jasmine Boudeau, Laetitia Bouniol & Jean-Marc Fémolant.

Bibliographie.

ANNEXES

Gestion urbaine et artificialisation des flux hydriques à l’Antiquité et à la période moderne à Beauvais, place du Jeu de Paume par Quentin Borderie.

Les enduits peints de la place du Jeu de Paume par Sabine Groetembril

Les ossements animaux et l’histoire de l’occupation d’un quartier beauvaisien entre l’Antiquité et la période moderne : résultats des analyses archéozoologiques de la place du Jeu de Paume (Beauvais, Oise) par Pauline Hanot & Benoît Clavel.

Les boulets de la place du Jeu de Paume, témoins bourguignons du siège de 1472 ? par Laetitia Bouniol Jean-Marc Fémolant & Pascal Barrier.

Beauvais (Oise), place du Jeu de Paume. Fragments de plâtre, les traces d’une architecture disparue par Ivan Lafarge.

Auteurs et collaborateurs.

Résumés.

Résumés :

En amont de la construction d’un centre commercial, les fouilles de la place du Jeu de Paume, à Beauvais, ont été l’occasion d’étudier, en milieu urbain, sur près de 2 hectares, plus de 5 m de stratigraphie, et de caractériser des occupations allant du Néolithique moyen II à la Seconde Guerre mondiale.

Ainsi, pour la première fois en centre-ville, des vestiges datés entre -3350 et -3000 témoignent d’une occupation, au moins temporaire, de ce secteur de la vallée du Thérain durant cette période.

Il faut ensuite attendre la première moitié du Ier siècle de notre ère pour retrouver les traces d’une occupation qui perdure pendant deux siècles et demi. Il est d’abord nécessaire d’aménager des fossés pour drainer le terrain marécageux. Puis, un quartier résidentiel se développe, desservi par deux decumani et un cardo. Ces habitations, comportant des péristyles et des bassins d’agrément, présentent une architecture classique pour le monde romain qui témoigne, de même que la céramique, l’instrumentum et les enduits peints, de la présence d’une population aisée. De grands bâtiments, s’étendant sur près de 120 m du nord au sud, sont érigés durant la seconde moitié du IIe siècle. Ils sont matérialisés par une galerie monumentale à portique et un mur de clôture, délimitant sans doute un jardin. Malgré le fait que leur fonction n’est pour l’instant pas connue, il est probable qu’ils faisaient partie d’un quartier regroupant des édifices publics, dont celui découvert sur le site de l’Hôtel-Dieu et le sanctuaire du Mont-Capron. Les maisons de la place du Jeu de Paume sont progressivement abandonnées à partir du milieu du IIIe siècle, de même que les grands bâtiments. La désertion totale du quartier est effective à la fin de ce même siècle. Elle confirme la rétraction de l’espace urbain de Caesaromagus au début de l’Antiquité tardive.

Aucun élément ne vient attester d’une occupation du site entre la fin du IIIe siècle et la fin du VIIe siècle, hormis la continuité d’utilisation des deux voies principales est-ouest. Entre la fin du VIIe siècle et la fin du Xe siècle, un petit ensemble funéraire d’une dizaine d’individus s’installe à proximité de l’axe nord. À partir du XIe siècle, les lieux sont de nouveau régulièrement fréquentés avec le développement d’une activité de récupération des matériaux sur les ruines des monuments antiques, qui s’intensifie tout au long des XIIe-XIIIe siècles, en parallèle de l’implantation d’un habitat au nord-ouest du site. À partir de la fin du XIIe siècle ou du tout début du XIIIe siècle, le site est profondément remanié avec l’édification d’un système défensif. Une portion de l’enceinte fortifiée a été dégagée sur 153,75 m de long, jalonnée de quatre contreforts et de deux tours semi-circulaires. Le rempart est conforté par un fossé défensif alimenté par les eaux du Thérain. Son franchissement s’effectue, en avant d’une porte construite au niveau de l’ancien axe antique est-ouest, à l’aide d’un pont à deux arches. Dans le deuxième quart du XVe siècle, face à l’évolution de l’artillerie, le système défensif est renforcé et adapté. À l’avant de la porte, un massif quadrangulaire servant de plate-forme ou de tour d’artillerie est édifié. En amont et en aval du pont, deux murs orientés est-ouest sont construits correspondant à ce que l’on nomme à cette époque des « boulevards », un nouveau type d’ouvrage défensif.

À partir des années 1540, un vaste chantier est entrepris afin de renforcer la protection de ce secteur, face à de nouvelles menaces de guerre. L’édification d’une nouvelle porte, plus au sud, ainsi que l’élargissement du fossé entraînent la construction d’un nouveau pont comptant six arches, deux ponts-dormant et un pont-levis. Le fossé défensif, dont l’état mis au jour correspond à sa dernière utilisation au cours des XVIe-XVIIe siècles, a une largeur estimée entre 20 m et 25 m et jusqu’à 34,70 m au niveau du pont. Élément essentiel du nouveau système défensif, un bastion est aménagé à l’emplacement de l’ancienne porte médiévale. Sa façade sud, découverte sur une longueur de 44,20 m, est confortée à l’arrière par plusieurs contreforts. Une salle basse de 110 m2, servant sans doute de dépôt de munitions et d’abri à la garnison, ainsi qu’une canonnière, positionnée sur le flanc sud et assurant la protection du pont, et une circulation d’eau interne composent les éléments de ce bastion.

Au début du XVIIIe siècle, des modifications interviennent entraînant la suppression des ponts-dormant, du pont-levis et de la canonnière, réduisant le pont à ses six arches. En 1732, la ville décide d’aplanir l’espace non aedificandi en avant de la contrescarpe pour y planter des arbres et créer un jeu de paume. Dans le dernier quart du XVIIIe siècle, pour répondre aux problèmes d’insalubrité et aider à la gestion des eaux du fossé, un collecteur est construit entre le bastion et le pont au niveau de la deuxième arche. Son aménagement entraîne alors le bouchement des trois arches encore conservées de nos jours. Les travaux de démantèlement des fortifications, au niveau de la porte, débutent à partir de 1803 et se terminent en 1815. La ville souhaite créer ainsi de grands boulevards et promenades autour de la ville. L’ensemble du site est comblé et nivelé. Une place publique est créée, agrémentée d’une fontaine et d’un kiosque à musique.

À partir de l’été 1940, suite aux bombardements qui détruisent la ville à 80 %, la place du Jeu de Paume devient un des lieux d’accueil pour des baraquements, habitations provisoires, auxquels sont associées des tranchées-abris de la Défense passive. À la fin des années 1960, les derniers baraquements sont rasés. La place est de nouveau remblayée et nivelée. Elle accueille à partir des années 1970 un vaste parking et de nos jours, le centre commercial du Jeu de Paume.

Cette opération archéologique a donc été l’occasion d’enrichir considérablement les connaissances sur l’histoire de Beauvais, et ainsi compléter le plan de Caesaromagus comme celui du rempart dit de Philippe-Auguste.

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