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Neuf ans au rythme des CTRA

Résumé

De 2016 à 2025, Marc Talon a exercé les fonctions de président de la Commission territoriale de la recherche archéologique (CTRA) de l’Est, instance scientifique essentielle à l’évaluation de la recherche archéologique en Bourgogne-Franche-Comté et dans le Grand Est. Sous sa présidence, la CTRA a examiné plus de 2 600 dossiers en 56 séances, assurant la continuité du service public même durant la pandémie. Marc a contribué à moderniser son fonctionnement, introduisant visioconférences et outils collaboratifs, tout en veillant à maintenir la rigueur scientifique et l’équité dans le traitement des dossiers. Son sens du dialogue, sa diplomatie et son attention constante à la qualité des débats ont renforcé le rôle de la CTRA comme instance de référence. En neuf années d’exercice, il a su conjuguer exigence scientifique, collégialité et humanité, laissant à ses successeurs un cadre de travail solide et exemplaire.

Abstract

From 2016 to 2025, Marc Talon served as Chair of the Territorial Commission for Archaeological Research (CTRA) of the East, a key scientific body responsible for evaluating archaeological research in Bourgogne–Franche-Comté and the Grand Est regions. Under his leadership, the Commission reviewed over 2,600 cases in 56 sessions, ensuring the continuity of public service even during the pandemic. Marc played a decisive role in modernising the Commission’s operations, introducing videoconferencing and collaborative tools while upholding scientific rigour and fairness in the assessment process. His sense of dialogue, diplomacy, and constant attention to the quality of deliberations strengthened the CTRA’s standing as a reference body in the field. Over the nine years of service, he successfully combined scientific excellence, collegial governance, and humanity, leaving his successors with a robust and exemplary framework for collective work.

Marc et les paléoenvironnments : la moyenne vallée de l’Oise et le TGV-nord/Interconnexion

Résumé

L’intérêt de Marc pour les études paléoenvironnementales l’a conduit à soutenir, avec une grande efficacité, les recherches menées dans le cadre de l’archéologie de sauvetage. Le programme de sondages et de carottages réalisés dans les fonds de vallée empruntés par le TGV Nord/Interconnexion a ainsi constitué la pierre angulaire d’une définition novatrice de l’évolution des environnements au cours du Tardi- et Postglaciaire dans la vallée de la Marne et les vallées secondaires. Dans la moyenne vallée de l’Oise, les travaux réalisés dans les sablières ou sur la séquence-clef de la station d’épuration à La Croix-Saint-Ouen, fouillée par Marc, ont permis de définir plusieurs étapes déterminantes de l’évolution commune à cette vallée et aux autres grandes vallées. Ces recherches ont défini les fondements d’un modèle morphosédimentaire largement inconnu auparavant et contribué à l’élaboration de référentiels palynologiques et malacologiques importants.

Abstract

Marc’s interest in paleoenvironmental studies led him to provide highly effective support for research conducted in the field of rescue archaeology. The program of surveys and core sampling carried out in the valley bottoms crossed by the TGV-Nord/Interconnection high-speed rail line thus formed the cornerstone of an innovative definition of environmental changes during the Late and Postglacial periods in the Marne Valley and its secondary valleys. In the middle Oise valley, work carried out in sand quarries and on the key sequence at the “Station d’épuration” La Croix-Saint-Ouen, excavated by Marc, has made it possible to identify several decisive stages in the evolution common to this valley and other large valleys. This research has laid the foundations for a previously largely unknown morphosedimentary model and contributed to the development of important palynological and malacological reference systems.

Marc et les points noirs ! ou la carte n’est pas le territoire : mais ça aide...

Résumé

La fréquence des découvertes relatives à la préhistoire récente, et plus spécifiquement à l’âge du Bronze et au début de l’âge du Fer, a connu une croissance exponentielle depuis plus de 30 années. Les travaux d’archéologie préventive ont largement participé de ce phénomène. Pour mesurer le chemin parcouru. Les retombées les plus significatives issues de la recherche en archéologie préventive ont concerné les formes de l’habitat, les résolutions chronologiques et la caractérisation des pratiques funéraires. Le cumul de plus de trente années de recherche dans le domaine de l’archéologie préventive a ainsi permis de capitaliser une importante documentation souvent non exploitée à sa juste valeur. Fort de ce constat est apparue l’idée de soumettre à l’Inrap en 2005, peu de temps après la constitution de l’enquête nationale sur l’âge du Fer, un projet similaire, centré sur l’âge du Bronze et le début de l’âge du Fer. Ainsi est née l’enquête nationale « Bronze ». Ce court article revient sur la genèse de ce projet, ces premiers développements méthodologiques et la place Marc Talon dans ce travail où il ne s’agit pas uniquement de mettre des points noirs sur la carte !

Summary

Over the past thirty years, discoveries relating to later prehistory, particularly the Bronze Age and the beginning of the Iron Age, have multiplied exponentially. Preventive archaeology has played a decisive role in this development. When assessing the progress made, it is clear that preventive archaeological research has yielded major advances in our understanding of settlement forms, chronological frameworks and the characterisation of funerary practices. More than three decades of work have thus generated a vast body of documentation only partially exploited to its full potential. It was against this backdrop that, in 2005—shortly after the creation of the national Iron Age survey—the idea arose of proposing to Inrap a comparable initiative for the Bronze Age and the transition to the Iron Age. This idea became the national “Bronze” survey. Our short paper revisits the beginning of the project, its initial methodological developments and the role played by Marc Talon whose purpose was never simply to scatter black dots across a map.

L’archéologie préventive française : un avenir pour le passé ?

Résumé

La destruction massive de sites archéologiques durant la période d’après-guerre a conduit les archéologues à réagir. Petit à petit, durant les années 1960, de la pratique est née l’archéologie de sauvetage qui, si elle s’est révélée efficace, posait des problèmes administratifs, juridiques et humains.

La loi de 2001 donne une existence légale à cette archéologie qui devient préventive. À cette occasion l’outil créé en 1973 pour conduire les fouilles avec des archéologues professionnels (Afan) est remplacé par l’Inrap. La loi de 2003 ouvre l’archéologie préventive à des entreprises privées, créant ainsi une marchandisation du patrimoine déstabilisante pour beaucoup.

Malgré des choix d’interventions raisonnables et raisonnés, certains politiques contestent toujours ces pratiques jugées insupportables feignant de méconnaître la formidable avancée de la connaissance engendrée par la mise au point de pratiques scientifiques innovantes et la possibilité d’accéder à des zones ainsi qu’à des surfaces et des profondeurs inédites jusqu’alors.

En raison d’une politique de communication et de publication volontariste, les Français adhèrent de plus en plus à l’archéologie et découvrent avec intérêt un passé national aussi attractif et magique que d’autres plus « exotiques ».

Abstract

The widespread destruction of archaeological sites in the post-war period prompted archaeologists to respond. Over time, during the 1960s, the practice gave rise to what became known as rescue archaeology, which, although effective, brought with it a range of administrative, legal, and human challenges. The 2001 legislation formally recognized this form of archaeology, which henceforth became known as preventive archaeology. On this occasion, the organization created in 1973 to carry out excavations with professional archaeologists (Afan) was replaced by Inrap.The 2003 law subsequently opened the field of preventive archaeology to private companies, thereby introducing a commodification of cultural heritage that proved unsettling to many. Despite well-considered and reasonable intervention choices, certain political figures continue to challenge these practices, deeming them unacceptable while feigning ignorance of the remarkable advances in knowledge made possible by the development of innovative scientific methods and the unprecedented access to new areas, surfaces, and depths. As a result of a proactive communication and publication policy, the French public is increasingly embracing archaeology and discovering, with great interest, a national past that is as captivating and evocative as other, more «exotic» histories.

Législation de l’archéologie préventive : vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage

Résumé

Bien que remise en cause moins d’un an après son entrée en vigueur, la loi du 17 janvier 2001 a permis des avancées majeures pour l’archéologie française, tant en ce qui concerne la sauvegarde du patrimoine que le développement de la recherche. Aujourd’hui, plus de 20 ans après la loi de 2003 qui a transféré la maîtrise d’ouvrage des fouilles préventives aux aménageurs et confié cette activité scientifique au marché, il est urgent de réaliser un réel bilan scientifique, économique et social de cette privatisation. Pour éviter l’éclatement de la discipline et permettre la construction d’alternatives, les archéologues, toutes institutions confondues, doivent se rassembler à nouveau autour de quelques grands principes fondamentaux.

Abstract

Although it was called into question less than a year after coming into effect, the January 17, 2001 law brought major progress for French archaeology, both in terms of heritage preservation and research development. Now, more than 20 years after the 2003 law transferred to developers the project ownership of preventive excavations and subjected this scientific activity to market, there is an urgent need to carry out a comprehensive scientific, economic, and social assessment of this privatization. To prevent the fragmentation of the discipline and to build viable alternatives, archaeologists - across all institutions - must come together once again around a shared set of core principles.

Quinze mille ans d’histoire de la végétation dans la vallée de l’Oise

Résumé

Effectuées à la faveur d’opérations d’archéologie préventive, une vingtaine d’études palynologiques documentent la vallée de l’Oise. Les séquences étudiées proviennent des fonds de vallées et ont été sélectionnées selon la hiérarchie des réseaux hydrographiques et la relation avec les occupations humaines. L’ensemble des données a permis d’individualiser dix zones polliniques micro-régionales, contraintes par une soixantaine de datations. Ces dix palynozones relatent la dynamique de la végétation durant le Tardiglaciaire et l’Holocène mais les analyses documentent aussi l’impact anthropique sur le milieu en fonction de l’occupation du sol. Les premières traces d’anthropisation sont perceptibles dès le Néolithique, mais seulement sur les profils liés à des habitats. À partir du Bronze final, la pression anthropique s’accroît considérablement pour conduire à un paysage marqué par les activités agricoles.

Abstract

Around twenty palynological studies from preventive archaeology have documented the Oise Valley. The sequences derive from valley floors and were selected according to the hierarchy of the hydrographic networks and their relationship to human occupation. Collectively, the data have allowed the identification of ten micro-regional pollen zones, dated by approximately sixty radiocarbon analyses. These ten palynozones trace the dynamics of vegetation throughout the Late Glacial and the Holocene, while the analyses also document anthropogenic impacts on the environment in relation to land use. The earliest evidence of human influence is perceptible as early as the Neolithic, but only in profiles near to settlements. From the Late Bronze Age onwards, however, anthropogenic pressure increases considerably, resulting in a landscape strongly shaped by agricultural activity.

Les monuments funéraires à enclos périphérique(s) des Hauts-de-France à l’âge du Bronze : quoi de neuf ?

Résumé

Après une première synthèse partielle publiée en 2017, un inventaire complet des enclos funéraires fouillés dans les Hauts-de-France a été entrepris. Il permet aujourd’hui de compléter les connaissances acquises et de mettre en évidence les apports méthodologiques des 15 dernières années. La multiplication des datations radiocarbone a permis d’affiner la chronologie de ces monuments et l’étude des dynamiques de remplissage incitent à s’interroger sur la temporalité des événements associés à ces monuments. Enfin, les études de technologie céramique, croisées avec les données chronologiques permettent aujourd’hui un regard renouvelé sur les monuments.

Abstract

Following an initial and partial overview published in 2017, a comprehensive inventory of excavated funerary enclosures in the Hauts-de-France region has now been undertaken. This work refines existing knowledge and highlights the methodological advances of the past fifteen years. The increased use of radiocarbon dating has sharpened the chronology of these monuments, while the study of infilling dynamics prompts reflection on their temporality. Analyses of pottery technology, combined with chronological data, now offer a fresh perspective on these sites.

Structures circulaires - un bilan de 30 ans d’archéologie funéraire du Bronze ancien et moyen en Belgique

Résumé

L’archéologie funéraire consacrée aux tombelles du Bronze ancien-moyen débute au XIXe siècle. Les premières fouilles se sont limitées aux monuments encore visibles dans le paysage de quelques régions. Dans les années 1970, ces recherches ont reçu un nouvel élan avec la photographie aérienne dans la région sablonneuse de l’ouest de la Belgique. L’archéologie préventive a à son tour créé un nouvel élan grâce à l’envergure plus grande des fouilles. Le LiDAR reste encore sous-exploité dans la détection de nouveaux sites. Les recherches actuelles confirment l’apogée des tombelles funéraires à l’âge du Bronze moyen, mais les monuments les plus anciens remontent au Néolithique final. La crémation apparaît comme la pratique funéraire la plus couramment utilisée en Belgique à l’âge du Bronze, à l’exception de quelques sites en Wallonie. Les nécropoles de tombelles constituent un élément essentiel du paysage de cette période. Même après la fin de leur usage funéraire, elles continuent, dans de nombreux cas, à jouer un rôle dans la structuration des paysages des communautés de cette époque.

Abstract

The funerary archaeology of Early-Middle Bronze Age barrows dates back to the 19th century. The first excavations were focused on the monuments that were still visible in the landscape in some regions. During the 1970s, this research received a new impetus with the aerial photography in the sandy region of western Belgium. Preventive archaeology, in turn, created another impetus thanks to the larger scale of excavations. Nowadays, Lidar offers an underexploited potential in the detection of new sites. Current research confirms the heyday of barrow construction in the Middle Bronze Age. However, the oldest funerary monuments date already back to the Late Neolithic. Taking into account a certain bias, cremation appears to be the most commonly used funerary practice during the Bronze Age in Belgium, with the exception of a few sites in Wallonia. Barrow cemeteries constitute an essential element of the landscape of this period. But even after the end of their funerary use, they continue in many cases to play a role in the world of the communities of this period.

« The walking dead ». Les relations transmanche vues à travers les pratiques funéraires

Résumé

Cet article propose un bilan des pratiques funéraires du Bronze moyen au début du Bronze final dans l’espace transmanche (îles Britanniques, Hauts-de-France, Normandie, Île-de-France). Fondée sur un corpus de plus de 560 sites et près de 5000 sépultures, il met en évidence la prédominance de la crémation, adoptée précocement outre-Manche et plus tardivement sur le continent. Le mobilier funéraire demeure généralement rare, à l’exception de quelques tombes riches du Bronze final en Île-de-France méridionale et de dépôts exceptionnels tels que les hair-rings en or dans les Hauts-de-France et dans la partie septentrionale d’Île-de-France. Enfin, la monumentalisation des espaces funéraires et leur fréquentation prolongée traduisent une homogénéité culturelle transmanche, nuancée par des variations régionales et chronologiques révélatrices de la dynamique complexe des interactions à l’âge du Bronze.

Abstract

This paper offers an assessment of funerary practices from the Middle Bronze Age to the Early Late Bronze Age within the Transmanche area (the British Isles, Hauts-de-France, Normandy, Île-de-France). Based on a corpus of more than 560 sites and nearly 5,000 burials, it highlights the predominance of cremation, adopted early in Britain and later on the continent. Grave goods are generally scarce, with the exception of a few richly furnished Late Bronze Age burials in southern Île-de-France and exceptional deposits such as gold hair-rings in Hauts-de-France and northern Île-de-France. Finally, the monuments in funerary spaces and their long-term use reflect a trans-Channel cultural homogeneity, tempered by regional and chronological variations that reveal the complexity of interaction dynamics during the Bronze Age.

Une très grande pointe de lance à oeillets basilaires (XIVe s. av. n. è.) de Waasmunster "Pontrave" (Flandre-Orientale, Belgique). Fog in Channel, continent cut off. ou non ?

Résumé

Une très grande pointe de lance à œillets basilaires est étudiée et mise en contexte dans le présent article. Elle provient de Waasmunster "Pontrave" (Flandre-Orientale, Belgique), vraisemblablement de la Durme, un affluent gauche de l’Escaut. Elle vient s’ajouter à une demi-douzaine d’autres armatures du même type découvertes en Belgique, toutes trouvées dans un cours d’eau du Bassin de l’Escaut. Une demi-douzaine de ces pointes de lance sont par ailleurs connues des Pays-Bas, dont au moins la moitié provient de tourbières. Les armatures en question sont généralement considérées comme des importations « britanniques », mais les pointes de lance continentales sont souvent de dimensions tout à fait exceptionnelles. Il se pose dès lors la question de leur utilisation, qui ne relève pas nécessairement du « pratique », à la manière des épées du type Plougrescant-Ommerschans.

Summary

A very large spearhead with basal loop is the focus of this paper. It was found in Waasmunster “Pontrave” (Eastern Flanders, Belgium) and most probably comes from the Durme, a left tributary of the Scheldt. Half a dozen such spearheads are known from Belgium, all from rivers in the Scheldt basin. Another half a dozen come from the Netherlands, with a least half found in a peaty environment. These spearheads are generally considered to be imports from the British Isles, but those from the Continent are quite often of very large dimensions. This leads to question what they actually used for. And the answer might be they were not “just” weapons, in the manner of the Plougrescant-Ommerschans giant dirks.

L’âge du Bronze à Pierre-de-Bresse, La Bottière après 15 années de recherches : un bilan et des perspectives

Résumé

Réalisée en 2020, la fouille du site de Pierre-de-Bresse, la Bottière marque l’aboutissement de quinze années de travaux de terrain qui ont permis d’appréhender l’évolution d’un site installé au sein d’une tresse de paléo-chenaux du Doubs, près de sa confluence avec la Saône (fig. 1, A). Ce site, occupé de la Protohistoire à l’époque gallo-romaine, constitue aujourd’hui une référence incontournable en ce qui concerne l’habitat rural protohistorique et en particulier pour l’âge du Bronze, période à laquelle l’occupation apparaît la plus dense et la plus originale.

Abstract

Carried out in 2020, the excavation of the site of Pierre-de-Bresse, La Bottière, marked the culmination of fifteen years of fieldwork that has enabled researchers to reconstruct the development of a settlement established within a network of palaeochannels of the River Doubs, near its confluence with the Saône (fig. 1, A). Dating from Prehistory to the Roman period, the site now represents a key reference point for the study of rural settlement in Late Prehistoric contexts and particularly for the Bronze Age, during which occupation appears to have been both denser and more distinctive.

Pretin "Chaumois d’Amont" 1 (Jura). Note technique sur un petit outil de métallurgiste inédit d’un dépôt du Bronze final

Résumé

Le dépôt de Pretin "Chaumois d’Amont" 1 (Jura) appartient à une trentaine de dépôts de bronzes localisés le long d’un escarpement de la bordure occidentale du Jura central dans le secteur de Salins-les-Bains (Jura). Trente-quatre objets comprenant des parures, de l’armement, de l’outillage et des produits de métallurgie étaient associés à un petit tas de bronze, outil de bronzier ou d’orfèvre. Cet outil remarquable par sa morphologie et par son contexte de déposition dans un ensemble de bronzes de fonctions hétérogènes enrichit nos connaissances du groupe d’outillage d’orfèvres et de bronziers de l’âge du Bronze final.

Abstract

The Pretin "Chaumois d’Amont" 1 hoard (Jura) is one of around thirty bronze hoards located along an escarpment on the western edge of the central Jura, in the Salins-les-Bains area (Jura). Thirty-four objects - including ornaments, weapons, tools, and metallurgical products - were found together with a small bronze anvil, possibly the tool of a bronzesmith or goldsmith. This tool, remarkable for both its morphology and its deposition context within a collection of bronzes of varied functions, enhances our understanding of the toolkits used by goldsmiths and bronzesmiths during the Late Bronze Age.

« Danse avec les bouts ». Une interprétation des mots-signes non figuratifs des coupes du site des Bises à Moras-en-Valloire (Drôme) au Bronze final 3B

Résumé

Le site des Bises à Moras-en-Valloire (Drôme) occupe le flanc d’une butte qui domine la plaine de la Bièvre-Valloire. Les ramassages et les fouilles ont permis de constituer une collection de céramiques qui à fait la renommée du site, qui relève du BF3b et se rattache culturellement à « l’entité de France médiane » définie par I. Kerouanton. Dans cet ensemble, une série de coupes principalement a attiré l’attention par la présence de signes gravés mêlant motifs géométriques, figuratifs (anthropomorphes, zoomorphes) et signes non figuratifs. Ces derniers comprennent des tracés et des terminaisons sur base 2 clairement identifiées, évoquant différentes modalités de déplacements de danses chorégraphiées lors de manifestations de nature variée, mais éventuellement collectives et cérémonielles dans le cadre des changements sociaux de la transition Bronze/Fer.

Abstract

The site of Les Bises at Moras-en-Valloire (Drôme) is located on the slope of a hill overlooking the Bièvre-Valloire plain. Surface collections and excavations have yielded a corpus of pottery that has made the site well known; it dates to the Late Bronze Age 3b and is culturally associated with “Central France” as defined by I. Kerouanton. Within this assemblage, a series of bowls has drawn particular attention due to the presence of engraved signs combining geometric and figurative motifs (anthropomorphic and zoomorphic), together with non-figurative marks. The latter include traces and terminations based on binary structures, clearly identifiable as different modes of choreographed movement, possibly relating to collective and ceremonial performances in the context of social transformations at the Bronze–Iron Age transition.

Découvertes de trois nouvelles nécropoles de l’âge du Bronze dans la Plaine de Choisey (39) sur le site de la "ZAC Innovia"

Résumé

Cette nouvelle opération archéologique sur la "ZAC Innovia" à Choisey a permis de fouiller trois nécropoles. La première datée de la transition Bronze moyen/Bronze final et les deux autres du Ha A2. Ces découvertes complètent la compréhension du paysage funéraire de ce secteur de la vallée du Doubs.

Abstract

This new archaeological investigation at the "ZAC Innovia" in Choisey has brought to light three cemeteries: the first dating to the Middle-to-Late Bronze Age transition and the other two to the Ha A2 phase. These discoveries enhance our understanding of the funerary landscape in this part of the Doubs valley.

Nouveau regard sur la tombe princière et la nécropole protohistorique de Vix (Côte d’Or)

Résumé

Connue depuis le début des années 1950, la vaste nécropole protohistorique de Vix ne cesse d’être explorée depuis, tant par des sondages ou des fouilles programmées qu’avec des moyens non invasifs (prospections géophysiques et aériennes). Un bilan actualisé des données permet de mettre en avant deux premières phases d’occupation importantes, au Ha B2-3 puis du Ha D2 à LT A1. Retrouvés aux Herbues comme aux Lochères, des vestiges d’occupation domestique semblent régir la dispersion des premiers monuments. C’est dans l’espace autrefois occupé par cet habitat que s’épanche ensuite l’occupation funéraire. Cette nouvelle lecture invite à revisiter entièrement le cas de l’enclos carré dit « sanctuaire » des Herbues. Enfin, l’investigation récente du tumulus princier permet de décrire ses caractéristiques architecturales et stratigraphiques, de renseigner précisément les limites de la fouille ancienne et de compléter nos connaissances de la tombe et son contenu.

Abstract

Known since the early 1950s, the vast necropolis of Vix has been explored through trenching, programmed excavations and non-invasive methods such as geophysical and aerial surveys. An updated overview of the available data highlights two major phases: the first during Ha B2–3 and the second dating from Ha D2 to LT A1. Settlement sites at Herbues and Lochères appear to have influenced the distribution of the earliest monuments. It was within the area once occupied by these sites that the cemetery developed. This reinterpretation necessitates the complete reassessment of the so-called square enclosure, seen as the “sanctuary” at Herbues. Finally, recent investigations of the princely tumulus have made it possible to describe its architectural and stratigraphic features, to delineate precisely the limits of the earlier excavation and to broaden our understanding of the grave and its contents.

Rendre visible l’invisible : pour une base de données unique sur deux millénaires d’histoire

Résumé

Depuis vingt ans, les bases de données DatAbronze et DatAFer2 ont centralisé des milliers de sites protohistoriques. Leur exploitation a permis de mieux comprendre la répartition des habitats, notamment enclos, sur près de deux millénaires. Néanmoins, leur structuration distincte, associée à des lacunes documentaires sur les phases de transition, limite aujourd’hui la portée des analyses diachroniques. La fusion de ces bases, complétée par l’intégration systématique des données du premier âge du Fer, offrirait un cadre inédit pour revisiter les dynamiques d’occupation, d’appropriation foncière et d’organisation sociale. Une telle synergie favoriserait également une relecture continue des trajectoires menant aux formes proto-urbaines, comme les oppida, et plus largement, une compréhension renouvelée de la construction des territoires protohistoriques.

Summary

For the past twenty years, the DatAbronze and DatAFer2 databases have centralised information on thousands of sites dating from the Metal Ages. They have contributed in significantly improving our understanding of settlement patterns-particularly enclosed sites-over nearly two millennia. However, the distinct structures of the databases, combined with gaps in the documentation of transitional phases, currently limit the scope of diachronic analyses. Merging these databases, along with the systematic integration of data from the Early Iron Age, would provide a new framework for reexamining patterns of settlement, land appropriation, and social organisation. Such a synergy would also support the reinterpretation of the trajectories that lead to proto-urban settlement forms, such as the oppida, and, more broadly, offer a renewed understanding of the construction of territories during Late Prehistory.

éclairage(s) sur les sarcophages mérovingiens décorés de l’église Saint-Martin de l’abbaye de Luxeuil (Franche-Comté, Haute-Saône)

Résumé

Les recherches archéologiques programmées menées entre 2008 et 2015 sur l’ancienne église Saint-Martin de l’abbaye de Luxeuil ont mis au jour 155 sarcophages. Ceux découverts à l’intérieur de la basilique funéraire des Ve-VIe s. appartiennent à la communauté chrétienne du castrum de Luxovium, tandis que ceux réunis dans une crypte externe adossée au chœur de l’église, ainsi que dans le cimetière situé au chevet de l’édifice, accueillent les inhumations de religieux du monastère qui vécurent au cours du VIIe s. La très grande majorité de ces sarcophages monolithes a été taillée dans du grès provenant de carrières locales ; ils appartiennent à 3 grands groupes typologiques communs à l’Est et au Centre-Est de la France. Parmi les sarcophages du VIIe s., 9 conservent des couvercles sur lesquels ont été gravés des noms de moines défunts. Pour autant que leur état de conservation permette de l’apprécier, les sarcophages luxoviens sont globalement peu décorés, à l’exception d’une petite dizaine comportant des croix sur les couvercles ou/et les panneaux de tête ou de pied des cuves. Des fragments de couvercles appartenant à deux sarcophages font cependant exception, avec un très rare décor sculpté à l’imitation de coffres en bois avec ferrures. L’un d’eux, découvert dans la crypte externe, abritait probablement la sépulture de l’abbé Walbert, mort vers 670. Pour un grand nombre de sarcophages, une certaine recherche esthétique se manifeste en outre à travers un soin particulier apporté au modelé et au rendu de la matière, avec différents motifs géométriques dénotant un art consommé de la taille au pic et à la broche.

Abstract

Archaeological research carried out between 2008 and 2015 on the former Saint Martin church at Luxeuil Abbey uncovered 155 sarcophagi. Those discovered inside the 5th-6th century funerary basilica belong to the Christian community of the castrum of Luxovium, while those located in an external crypt attached to the choir of the church, as well as in the cemetery located at the east end of the building, contain the burials of monks from the monastery who lived during the 7th century. The vast majority of these monolithic sarcophagi were carved from sandstone from local quarries and belong to three major typological groups common in eastern and central-eastern France. Among the 7th-century sarcophagi, nine still have lids engraved with the names of deceased monks. As far as their state of preservation shows, the Luxovian sarcophagi are generally undecorated, with the exception of around ten that have crosses on the lids and/or the head or foot panels of the coffins. However, fragments of lids belonging to two sarcophagi are exceptions, with a very rare carved decoration imitating wooden chests with iron fittings. One of them, discovered in the outer crypt, probably housed the tomb of Abbot Walbert, who died around 670. Many of the sarcophagi also display a certain aesthetic refinement, with particular attention paid to the modelling and finish of the material, with various geometric motifs denoting a consummate skill in carving with a pick and chisel.